Rupture conventionnelle : les lettres de l'employeur, étape par étape, et les délais qu'elles ouvrent

Rupture conventionnelle : les lettres de l’employeur, étape par étape, et les délais qu’elles ouvrent

29/09/2026
Rupture conventionnelle : les lettres de l’employeur, étape par étape, et les délais qu’elles ouvrent
29/09/2026

En bref

Aucune lettre n’est imposée pour demander une rupture conventionnelle, et l’employeur peut refuser. Une fois d’accord, trois écrits comptent : la convocation à l’entretien, la convention signée, et la rétractation éventuelle dans les 15 jours calendaires qui suivent la signature. Viennent ensuite la demande d’homologation en ligne et 15 jours ouvrables d’instruction : signée le 5 octobre 2026, la rupture intervient au plus tôt le 10 novembre.

Les courriers de la procédure dans l’ordre, puis la réponse à la demande, la convocation, la rétractation, l’homologation et ce que la rupture coûte à l’employeur.

Les courriers, étape par étape

La rupture conventionnelle, la rupture d’un CDI d’un commun accord, suit une procédure où chaque étape a son écrit, obligatoire ou simplement prudent :

ÉtapeCourrierObligatoire ?Délai
DemandeLettre ou courriel de celui qui proposeNon, un échange oral suffitAucun
EntretienConvocation écriteNon, mais seule preuve de l’invitationAucun délai légal
AccordConvention de rupture, en ligne ou sur formulaireOuiPoint de départ de la rétractation
RétractationLettre recommandée ou remise en main propre contre déchargeOui, si l’une des parties change d’avis15 jours calendaires
HomologationDemande à l’administrationOui15 jours ouvrables d’instruction

La demande du salarié : répondre sans s’engager

À ce stade, la demande vient d’arriver, souvent du salarié. L’employeur n’est pas tenu de l’accepter : la rupture conventionnelle suppose l’accord des deux parties, et un refus n’a pas à être motivé, tant qu’il ne repose pas sur un motif discriminatoire.

La demande vous est-elle parvenue par écrit ? La réponse se fait de préférence par écrit aussi, pour proposer un entretien ou décliner. Ce qui s’écrit ici peut resservir si la discussion échoue : une réponse qui reproche des fautes ou qui fixe déjà une date de départ ressemble à une décision unilatérale.

La convocation à l’entretien

L’entretien est obligatoire ; la convocation écrite, elle, ne l’est pas, mais c’est la seule preuve que l’invitation a eu lieu. Elle précise la date, l’heure, le lieu et la possibilité pour le salarié de se faire assister, par un salarié de l’entreprise ou, sans représentants du personnel, par un conseiller du salarié.

Si le salarié vient assisté, l’employeur peut l’être aussi. Aucun délai légal ne sépare la convocation de l’entretien ; l’avocate de la vidéo ci-dessous conseille d’en laisser au moins cinq jours ouvrables, le temps de trouver un assistant.

La convention, puis 15 jours pour se rétracter

La convention signée fixe la date de rupture et l’indemnité spécifique, au moins égale à l’indemnité légale de licenciement. Elle se remplit en ligne ou, à défaut, sur le formulaire cerfa n° 14598, imprimé en trois exemplaires.

Le délai de rétractation court le lendemain de la signature, pendant 15 jours calendaires. Celui qui se rétracte envoie une lettre recommandée ou la remet en main propre contre décharge, sans avoir à se justifier. Si le dernier jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai va jusqu’au premier jour ouvrable suivant.

L’homologation et la date de rupture

Une fois la rétractation passée, la demande d’homologation se fait en ligne, par le téléservice TéléRC. L’administration du travail dispose de 15 jours ouvrables, à partir du lendemain de la réception, pour vérifier la convention. Pour un salarié protégé, c’est une autorisation de l’inspecteur du travail qui remplace l’homologation.

Prenons un exemple construit : une convention signée le lundi 5 octobre 2026. La rétractation court jusqu’au mardi 20 octobre ; la demande part le mercredi 21. Le quinzième jour ouvrable tombe le samedi 7 novembre, dimanche 1er novembre exclu, et se reporte au lundi 9.

Important

Dans cet exemple, la rupture ne peut pas intervenir avant le mardi 10 novembre 2026, lendemain de l’homologation. Une date de départ fixée avant, dans la convention, conduit à un refus d’homologation ou à une convention à refaire.

Calendrier de bureau avec plusieurs dates entourées et reliées par une flèche

Ce que la rupture coûte à l’employeur en 2026

L’indemnité de rupture conventionnelle n’est plus soumise au forfait social. En 2026, la part de l’indemnité exonérée de cotisations supporte en revanche une contribution spécifique de l’employeur de 40 %. Chaque euro d’indemnité exonéré de cotisations coûte donc 1,40 € à l’employeur.

Garder la trace de chaque étape

Une réponse écrite à la demande, une convocation datée, la convention signée, les dates de rétractation et d’homologation : ces pièces se rangent au dossier du salarié. Si l’homologation est refusée ou contestée plus tard, c’est ce dossier qui montre que la procédure a été tenue.

Sources

  • Service-public.gouv.fr, « Rupture conventionnelle d’un salarié du secteur privé », vérifiée le 26 juin 2026
  • Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Forfait social », vérifiée le 1er janvier 2026
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Rédigé par
Claire
Je suis spécialisée en recrutement et en ressources humaines. J’analyse les pratiques de sourcing, les processus d’embauche et les évolutions du marché de l’emploi afin d’en proposer une lecture claire et structurée. Mon objectif est d’apporter des repères fiables pour mieux comprendre les enjeux du recrutement.

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