Visite médicale du travail : quelle visite déclencher à l'embauche, à quelle échéance, et ce qu'elle coûte à l'employeur

Visite médicale du travail : quelle visite déclencher à l’embauche, à quelle échéance, et ce qu’elle coûte à l’employeur

24/10/2026
Visite médicale du travail : quelle visite déclencher à l’embauche, à quelle échéance, et ce qu’elle coûte à l’employeur
24/10/2026

En bref

La visite médicale du travail se commande avant la prise de poste, après un tri : le poste présente-t-il des risques particuliers ? Non : visite d’information et de prévention, dans les trois mois de la prise effective du poste (avant l’affectation pour un mineur ou un travail de nuit). Oui : examen d’aptitude avant l’affectation. Une visite récente dans un emploi identique peut dispenser d’en refaire une. Le temps passé en visite reste rémunéré.

À ce stade, la promesse d’embauche est signée et la date de prise de poste fixée. Trois points restent à décider : quelle visite, pour quand, et dans quels cas elle n’est pas requise.

Avant la prise de poste : un seul tri décide de la visite

Tout travailleur bénéficie d’un suivi individuel de son état de santé. Les articles L4624-1 et L4624-2 du code du travail séparent le suivi ordinaire du suivi individuel renforcé, réservé aux postes à risques particuliers. Le poste à pourvoir détermine donc la visite.

PosteVisiteÉchéance
Poste ordinaireVisite d’information et de prévention, par le médecin du travail ou un infirmierAu plus tard trois mois après la prise effective du poste (R4624-10)
Salarié de moins de dix-huit ans ou travailleur de nuitVisite d’information et de préventionAvant l’affectation au poste (R4624-18)
Poste à risques particuliersExamen médical d’aptitude par le médecin du travail, qui remplace la visite d’information et de préventionAvant l’affectation au poste (R4624-24)

Pour la première ligne, le délai de trois mois part de la prise effective du poste, pas de la signature du contrat. À l’issue de l’examen d’aptitude, le médecin rend un avis d’aptitude ou d’inaptitude, transmis au salarié et à l’employeur (R4624-25).

Sept risques font un poste à risques particuliers selon l’article R4624-23 :

  • l’amiante et le plomb ;
  • les agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction ;
  • les agents biologiques des groupes 3 et 4 ;
  • les rayonnements ionisants et le risque hyperbare ;
  • la chute de hauteur lors du montage et du démontage d’échafaudages.

Tout poste dont l’affectation est conditionnée à un examen d’aptitude prévu par le code s’y ajoute. La liste n’est pas figée : l’employeur peut la compléter, après avis des médecins concernés et du comité social et économique s’il existe, en cohérence avec l’évaluation des risques. Chaque poste ajouté est motivé par écrit, la liste est transmise au service de prévention et de santé au travail et mise à jour chaque année.

Un poste inscrit sur cette liste fait passer son titulaire de la visite d’information et de prévention à l’examen d’aptitude. Pour chaque poste à pourvoir, il faut donc savoir s’il figure sur la liste de l’entreprise.

Salariée de dos devant un panneau où sont punaisés des documents, à l'entrée d'un petit atelier

Quand une nouvelle visite n’est pas requise

Un candidat déjà suivi ailleurs n’a pas toujours à repasser. D’après l’article R4624-15, une nouvelle visite d’information et de prévention n’est pas requise si la précédente date de moins de cinq ans avant l’embauche, trois ans pour les travailleurs dont l’état de santé, l’âge ou les risques le nécessitent, notamment les travailleurs de nuit, handicapés ou titulaires d’une pension d’invalidité (R4624-17). Trois conditions s’y ajoutent :

  • le travailleur occupe un emploi identique, avec des risques d’exposition équivalents ;
  • le professionnel de santé détient la dernière attestation de suivi ou le dernier avis d’aptitude ;
  • aucune mesure d’aménagement ni aucun avis d’inaptitude n’a été émis au cours de cette période.

L’article R4624-27 reprend le mécanisme pour l’examen d’aptitude, sur une visite de moins de deux ans. La deuxième condition se joue côté santé au travail : le professionnel de santé, ou le médecin du travail pour l’aptitude, doit avoir le document en main.

Pour les saisonniers recrutés au moins quarante-cinq jours de travail effectif sur un emploi à risques particuliers, l’examen d’embauche reste obligatoire (D4625-22), sauf emploi équivalent à un précédent avec un examen dans les vingt-quatre mois sans inaptitude. Pour les autres saisonniers, le service organise des actions de formation et de prévention.

Conduite d’engins et habilitation électrique : une attestation à la place de l’aptitude

Le décret n° 2025-355 du 18 avril 2025 a modifié les articles R4323-56 et R4544-10. Un service de santé au travail relève que ce texte écarte certains travailleurs du suivi renforcé, avec une application depuis le 1er octobre 2025.

Pour la conduite de certains équipements, l’autorisation délivrée par l’employeur n’est valable que si le travailleur détient une attestation d’absence de contre-indication médicale. Le médecin du travail la délivre à l’issue d’un examen, pour cinq ans, et l’employeur en conserve une copie pendant sa durée de validité. L’habilitation qui autorise les opérations au voisinage de pièces nues sous tension est soumise à une attestation de même nature.

En cas de refus de délivrance, le salarié ou l’employeur peut saisir le conseil de prud’hommes en procédure accélérée au fond (R4323-56).

En cours de contrat : les rendez-vous qui reviennent

Après l’embauche, la visite revient à trois rythmes.

  • La visite d’information et de prévention se renouvelle selon une périodicité fixée par le médecin du travail, sans excéder cinq ans (R4624-16). Pour les travailleurs que leur état de santé, leur âge, leurs conditions de travail ou leurs risques le nécessitent, notamment les travailleurs handicapés, titulaires d’une pension d’invalidité et travailleurs de nuit, la périodicité n’excède pas trois ans (R4624-17).
  • Le suivi renforcé se renouvelle au plus tous les quatre ans avec le médecin du travail, avec une visite intermédiaire au plus tard deux ans après (R4624-28).
  • La visite de mi-carrière a lieu à l’échéance fixée par accord de branche ou, à défaut, durant l’année civile des quarante-cinq ans du salarié (L4624-2-2).

Entre ces rendez-vous, le salarié ou l’employeur peut demander une visite (R4624-34). La demande du salarié ne peut motiver aucune sanction.

La vidéo d’un service de santé au travail rappelle que ces visites supplémentaires dépendent de l’état de santé du salarié ou de ses conditions de travail, et qu’elles peuvent être déclenchées par l’employeur, le salarié ou le médecin du travail.

Après une absence : reprise, pré-reprise et dispense

L’examen de reprise est obligatoire dans quatre cas (R4624-31).

AbsenceExamen de reprise
Congé de maternitéObligatoire
Maladie professionnelleObligatoire, quelle que soit la durée
Accident du travailObligatoire à partir de trente jours d’absence
Maladie ou accident non professionnelObligatoire à partir de soixante jours d’absence

Dès que l’employeur connaît la date de fin de l’arrêt, il saisit le service de prévention et de santé au travail. L’examen a lieu le jour de la reprise effective, au plus tard huit jours après.

Pour un accident du travail de moins de trente jours, l’employeur informe le médecin du travail de l’arrêt, qui apprécie l’opportunité d’un nouvel examen (R4624-33).

Une visite de pré-reprise peut être organisée pour un arrêt de plus de trente jours (R4624-29). Depuis le 15 juin 2026, elle peut dispenser de la visite de reprise, à deux conditions : elle a eu lieu dans les trente jours précédant la reprise effective, et le médecin a conclu qu’aucun aménagement du poste ni du temps de travail n’était nécessaire.

Selon le code du travail numérique, cette dispense vise les arrêts délivrés à partir de cette date. Elle tombe si le salarié, l’employeur ou le médecin demande la visite de reprise.

Ce que la visite coûte à l’employeur

Le coût se compte d’abord en temps de travail. Selon l’article R4624-39, le temps des visites et examens, y compris complémentaires, est pris sur les heures de travail sans retenue de salaire. Quand la visite ne peut pas avoir lieu pendant les heures de travail, il est rémunéré comme temps de travail effectif.

Important

Le temps de visite ne se retire pas du salaire : une visite qui ne peut pas avoir lieu pendant les heures de travail se paie comme du travail effectif. Le temps et les frais de transport sont à la charge de l’employeur. Les examens complémentaires prescrits par le médecin du travail sont à la charge de l’employeur s’il a un service autonome, du service interentreprises dans les autres cas (R4624-36).

En cas de désaccord entre l’employeur et le médecin du travail sur la nature ou la fréquence de ces examens, la décision revient au médecin inspecteur du travail (R4624-38).

À la signature de la promesse

Trois vérifications précèdent la commande de la visite.

  • Le poste figure sur la liste des risques particuliers de l’entreprise, ou exige une autorisation de conduite ou une habilitation électrique.
  • Le salarié a déjà été suivi dans un emploi identique : cinq ans pour une visite d’information et de prévention, deux ans pour un examen d’aptitude.
  • La date de prise de poste est arrêtée, point de départ du délai de trois mois, ou celle de l’affectation quand l’examen d’aptitude la précède.

La visite de mi-carrière se lit dans l’accord de branche applicable, à défaut dans l’année des quarante-cinq ans.

Sources

  • Code du travail, articles L4624-1 à L4624-2-2 et R4624-10 à R4624-39, consolidation du 8 octobre 2026
  • Articles R4323-56 et R4544-10 du même code, versions issues du décret n° 2025-355 du 18 avril 2025
  • Article D4625-22 du même code (saisonniers)
  • Code du travail numérique, fiche « Un salarié doit-il passer une visite médicale après un arrêt de travail ? », page relue en octobre 2026

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Rédigé par
La rédaction de Chargé de Recrutement
La rédaction de Chargé de Recrutement lit le code du travail et les fiches de service-public.fr, de l'URSSAF, de France Travail et de la CNIL avant d'écrire sur une étape du recrutement. Elle vérifie chaque délai, chaque durée et chaque seuil à sa source, avec son année. Elle cite ses sources principales en fin d'article et renvoie à la convention collective ou au conseil du lecteur dès qu'un cas devient particulier.

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